C’est le temps des embouteillages… avec Thierry Dubois

Destination vacances ou routes du retour, les Nationale 6 et 7 connaissaient leurs points noirs, des embouteillages monstres lors de traversées de certaines villes. C’était le temps des Renault 4 CV, Citroën DS, Peugeot 403, des petites décapotables d’où se déployaient des cheveux aux vents, des belles américaines, des valises arrimées sur les toits…

Et qui mieux que Thierry Dubois pour nous parler de ces épopées, dessinateur, passionné par l’automobile ancienne, les routes nationales et organisateur de nouveaux embouteillages, désormais pour le plaisir de se retrouver autour de véhicules d’antan.

 

Quelles ont-été les « heures de gloire » des embouteillages ?

Si la Nationale 7 est devenue mythique avec la chanson de Charles Trenet (1955), c’est surtout parce que c’est la route des vacances des 30 Glorieuses, une époque qui fait bien rêver aujourd’hui. Âgée de 2 000 ans, elle n’avait pas été prévue pour absorber le flot des automobiles qui a commencé à déferler après la guerre et c’est le retard des pouvoirs publics en matière de construction d’autoroutes qui va être à l’origine des grands embouteillages dans les années 1950 et surtout 1960.

C’est seulement avec l’ouverture totale des autoroutes A6 et A7 en 1970 que la situation va s’améliorer, signant définitivement le déclin de la Nationale 7.

 

Quels étaient les principaux « points noirs » ?

Toutes les traversées de villes étaient difficiles : la sortie de Paris, Nevers, Lyon, Valence, Avignon, Aix-en-Provence. Mais des localités plus modestes alimentent régulièrement les chroniques des journaux au moment des vacances : Montargis, Pouilly-sur-Loire, Lapalisse pour la partie Nord, toute la vallée du Rhône, Montélimar. Et quand on pensait arriver au bout, c’est dans le Var que la traversée des villages devenaient difficile : Pourcieux, Tourves, Brignoles, Le Luc, Le Muy, etc.

 

 

Des anecdotes ?

Les embouteillages ont fait la fortune des nougatiers de Montélimar : que faire quand il faut trois heures pour traverser la ville, sinon acheter du nougat ?

On a du mal à imaginer les temps de parcours au moment des départs en vacances : plusieurs heures pour avancer de quelques kilomètres. À Tourves, dans le Var, la largeur de la Nationale 7 n’étaient que de quatre mètres entre les maisons : impossible à deux camions de se croiser. Si on ajoute que le village était en courbe, empêchant de voir ce qui arrivait en face, on imagine les problèmes de circulation entre les poids-lourds, les caravanes… Le garde-champêtre passait l’été à essayer de régler la circulation !

 

 

Aujourd’hui, vous organisez des reconstitutions. Quels seront les prochains rendez-vous ?

Deux événements à venir :

> La N7 en Fête à Loriol (Drome) : 14-15-16 septembre. Informations sur www.loriol.com/ville/n7-en-fete-6eme-edition-loriol

> Le grand classique, l’Embouteillage de Lapalisse (03), premier du genre, où le respect des véhicules d’époque est particulièrement soigné.

Avec plus d’un millier de véhicules, dont de nombreux poids-lourds.

Les 12, 13 et14 octobre. Infos sur www.embouteillage-n7-lapalisse.com

 

Thierry Dubois, dessinateur illustrateur
Passionné par l’histoire des routes, et plus particulièrement celles de Paris à la Côte-d’Azur : N6-N7, Route Bleue, Route Napoléon…
Notre dessinateur prolifique a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet, dont C’était la Nationale 7 et le dernier, Chroniques de la Nationale 7 (éditions Paquet).
Thierry Dubois est aussi collectionneur de véhicules anciens : « je les utilise beaucoup sur ces vieilles routes » (lire la série d’articles sur la N7 dans le magazine Auto Retro).
Et j’aime beaucoup organiser des reconstitutions : rallyes Nationale 7, rétrocamping, embouteillages d’époque… »
> Groupe Facebook Nationale 7, plus de 10 000 membres : www.facebook.com/groups/nationale7
> Thierry Dubois N7, page personnelle, 16 000 followers : www.facebook.com/tdubois.n7